Le sexagénaire, jugé depuis hier, aux assises, à Douai, ne s'explique toujours pas pourquoi il a « fait ça »au petit garçon de 5 ans et à d'autres enfants, depuis 1975.
Un homme corpulent, au visage barré par des lunettes et une large moustache grise. Francis Evrard, 63 ans, comparaît, depuis hier et jusqu'à jeudi, devant les assises du Nord. Il est accusé
d'avoir enlevé, séquestré et violé Enis, un garçonnet de 5 ans, à Roubaix, le 15 août 2007.
« Il est temps de dire que c'est vrai », admet l'homme, d'emblée.Les attouchements, les fellations, le viol par pénétration digitale. « J'ai toujours un
doute, mais si on dit que je l'ai fait, c'est que je l'ai fait ».
Il ne s'explique toujours pas pourquoi il a aussi « fait ça à d'autres enfants. J'ai des pulsions. »
Depuis 1975, pour attentats à la pudeur et viol de mineurs, il a été condamné, à trois reprises, à de lourdes peines de prison. En 2007, après être sorti du centre pénitentiaire de Caen, il ne
respecte pas son contrôle judiciaire. Il aurait dû demeurer à Rouen : il part en douce à Roubaix, sa ville natale. Six semaines après sa libération, le jour de la braderie, il repère
Enis...
Devant la cour d'assises, volubile et confus, l'accusé évoque son passé chaotique : sa mère très aimée, le divorce des parents, les maisons de redressement.
L'avocat général le bombarde de questions. Il s'agace, s'enferre. « Enis n'a subi aucun préjudice physique, que je sache. » Remous dans la salle. « Je vais
te tuer »,s'écrie le père d'Enis, confronté pour la première fois à l'agresseur de son fils.
«Si j'avais eu un traitement...»
« Pourquoi j'ai fait ça ? », ressasse l'accusé. Il affirme avoir subi les violences de prédateurs sexuels, lance des noms, s'emmêle. Il se plaint
de l'administration judiciaire : « Si j'avais eu un traitement (de castration) chimique, je ne serais pas ici. Après ma libération de Caen, le
2 juillet 2007, on m'a laissé faire ce que je voulais... » « En sortant de la prison, réplique Me Riglaire, avocat des parents d'Enis,
ce n'est pas un psychiatre que vous êtes allé voir, mais un pharmacien. »
Le 2 juillet, grâce à une ordonnance fournie par un médecin de la prison, Francis Evrard avait acheté du Viagra. Il en avait consommé juste avant d'enlever Enis.
(Source OF.fr)