Partager l'article ! Un rapport de l'adil 22 dénonce "620 logements indignent dans notre département ! Plus de 40% de ces logements sont situés à Lamballe 8% à Pommer ...
Un rapport de l'Adil 22 (Agence départementale d'information sur le logement) remis aux élus de Lamballe communauté, durant le dernier conseil, recense environ 620 logements indignes sur le territoire.
«Je vais traire les bâches tous les matins», plaisante Michel Jean. Le toit de l'homme qui aura 70ans dans un mois, est un véritable
gruyère. Il a disposé des bâches pour préserver l'étanchéité de son intérieur et doit les retendre chaque fois qu'il a plu. Sa maison en pierre est l'un des 620 logements de la communauté de
communes de Lamballe jugés «indignes», selon l'Adil 22.
Un pôle habitat indigne
Environ 1.200 personnes seraient concernées. 60% d'entre eux sont des propriétaires occupants. Beaucoup sont des personnes âgées. Environ 400 personnes sont des
locataires du parc privé. Plus de 40% de ces logements sont situés à Lamballe, 8% à Pommeret ou Bréhand, 5% à Hénansal ou Saint-Glen. Lutter contre le logement indigne est une priorité pour les
services de l'État. Un pôle spécial a été mis en place dans les Côtes-d'Armor en 2005, dans le cadre du Plan départemental d'action pour le logement des personnes défavorisées (PDALPD). Il a
permis de détecter dix cas d'insalubrité en 2011. Les dossiers sont ensuite préparés par le Pact Habitat Développement puis transmis à l'Anah (Agence nationale pour l'amélioration de l'habitat).
«On évalue le niveau d'insalubrité, explique Yves Le Gall, coordonnateur Anah. On donne une note, de bon à très mauvais, pour la charpente, les fondations, l'électricité... Après instruction, le
dossier est présenté devant la commission locale d'amélioration de l'habitat qui donne son feu vert ou pas». Depuis 2005, l'habitat indigne a diminué dans la région de Lamballe, et reste
inférieur aux chiffres du reste du département.
33.600€ de subventions
Les travaux de remise en état de la maison de Michel Jean s'élèvent à 65.000€HT. C'est trop cher pour le retraité qui ne touche que 686€ par mois. Entre les
subventions de l'Anah, l'aide de solidarité écologique, le conseil général, la caisse de retraite et la communauté de communes, Michel Jean touchera environ 33.600€. Le reste des travaux sera
financé par des prêts sociaux. Le bientôt septuagénaire devra toutefois payer des assurances aux banques à cause son âge avancé. Les travaux commenceront avec l'électricité début février. «Il y a
des milliards de personnes dans le monde qui vivent sans eau courante ni électricité», relativise Michel Jean avec philosophie. «Ça va malgré tout m'apporter un luxe incontestable. Prendre une
douche tous les matins est ce qui me manquait le plus. Je vais avoir une salle de bain chauffée et la chambre sera séparée de la cuisine. Ça va m'apporter une vie normale, je vais pouvoir
recevoir du monde.» Les rénovations apporteront aussi un gain énergétique très important.
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